Les Insectes

Les papillons

L'équipe de la Maison des Arbres et des Oiseaux (MAO) a réalisé deux observations intéressantes de papillons ces derniers jours.

Le premier papillon observé est la Déplacée (Catocala elocata). Il s'agit d'une espèce nocturne répandue du sud de l'Europe au Nord de l'Inde. On trouve fréquemment sa chenille sur les peupliers et les saules et on peut observer ce papillon jusqu'en plein Paris. A l'arboretum, elle a été observée cachée, à l'ombre, au niveau du local. Attention à ne pas la confondre avec la Mariée (Catocala nupta) avec qui les différences sont subtiles!

 

 

 

La seconde espèce observée est l'Azuré Commun (Polyommatus icarus), aussi appelé Argus Bleu. Les individus étudiés ont tous été observés et photographiés dans la grande prairie de l'arboretum.

Le dimorphisme sexuel est assez marqué chez cette espèce : on peut facilement différencier les mâles des femelles. 

 

Sur la première photo, la femelle est à gauche, reconaissable à ses couleurs tirant plus vers le bleu, au départ de l'aile, alors que le mâle, à droite, est plus contrasté et affiche des couleurs plus chaudes.

Sur la seconde, il s'agit d'un mâle, étant donné que la délimitation entre le corps et l'aile est nette.

 

Une analyse plus fine des antennes de chaque individu vu de face montre que le bout des antennes des mâles apparaît de couleur rouge alors que celui des femelles nous apparaît uniformément terne. Ci-dessus, la femelle est en bas tandis que le mâle est en haut.

 

On peut également différencier les mâles des femelles lorsque ces papillons ont les ailes ouvertes. Si l'intérieur apparaît entièrement bleu, c'est qu'il s'agit d'un mâle. Si au contraire, comme ci-dessus, les ailes sont en partie cuivrées et présentent des "yeux" oranges et noirs, alors c'est qu'il s'agit d'une femelle.

 

Pour résumer, les deux critères permettant de différencier les mâles et les femelles d'Argus Bleu (Polyommatus icarus) sont la présence ou non de bleu sur les ailes (aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur) et la couleur du bout des antennes (rouge ou sombre).

 

 

Les traces de libellules à l'arboretum

Cet été, de nombreuses larves de libellules ont été observées dans la mare de l'arboretum. Les libellules passent ainsi, selon les espèces, de quelques mois à quelques années de leur vie sous l'eau. Après ce laps de temps, elles partent à la découverte du monde aérien. Une semaine avant son départ de l'eau, la larve cesse de s'alimenter et subit une métamorphose partielle durant laquelle ses branchies se résorbent. Elle fait ensuite quelques émergences hors de l'eau durant quelques jours et commence à respirer à l'air libre via ses stigmates thoraciques et abdominaux. Elle finit par quitter définitivement le milieu aquatique pour se poser sur une tige ou une feuille et s'extirpe alors de son squelette larvaire, l'exuvie. En l'espace d'une à deux heures, le corps de la libellule se déplie, les ailes se défroissent puis durcissent. La libellule peut prendre son envol !

 

Exuvies trouvées dans la mare de l'arboretum cet été.

Observations de libellules à la mare

La remise en état de la mare ces dernières semaines a permis de découvrir une belle population de tritons et de libellules, à l'état larvaire et adulte.

Nous y avons observé au moins deux espèces : la libellule déprimée (Libellula depressa,sur les deux premières photos un mâle) et l'agrion élégant (Ischnura elegans, la troisième photo, un mâle également).

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Par ailleurs, une mare est un élément important dans un arboretum. Elle permet de développer localement une certaine végétation (roseaux, menthes, nénuphars...) et est également un réservoir à animaux, abritant les animaux aquatiques et permettant aux animaux terrestres de s'abreuver ou se nettoyer.

 

Afin de permettre le développement de la végétation, il est important de créer des rives en pente douce comme ci-dessous. Ceci permet d’éviter les éboulements de terre et de réduire, lors des fortes gelées, la pression de la glace sur les parois de la mare. De plus ces rives offrent aussi une voie de sortie commode aux animaux tombés accidentellement dans la mare. Une profondeur de 80cm permettra aux animaux de se réfugier au fond lors des fortes gelées.

 

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La mare sera très vite peuplée par un nombre impressionnant d’organismes unicellulaires (protozoaires) et de petits invertébrés microscopiques qui vont réguler l’équilibre écologique de celle-ci et amorcer la chaîne alimentaire. La plupart du temps, ces organismes seront apportés sans le vouloir avec la végétation. Après ces représentants de la micro-faune, beaucoup d’autres animaux coloniseront spontanément la mare et transformeront la pièce d’eau en un milieu grouillant de vie. Parmi ceux-ci, les plus nombreux seront sans doute les insectes : une fois installés aux abords de la mare, certains y séjourneront le restant de leur vie (dytiques, punaises aquatiques...) alors que d’autres ne s’y rassembleront que pour pondre leurs oeufs (libellules, moustiques...). De nombreuses espèces d’insectes passent ainsi par un stade larvaire adapté à la vie aquatique avant de se disséminer vers de nouvelles zones humides, une fois devenus adultes. La colonisation animale de la mare s'effectue donc très rapidement, tant que l'on n'y introduit pas d'espèces pouvant perturber l'équilibre biologique du lieu.